Catherine Borgeaud
« Enfants, nous montions aux Planches avec nos skis pour profiter des pentes enneigées. »

Catherine Borgeaud

Restaurant Le Central

Le restaurant Le Central est une histoire de famille qui dure depuis plus de 160 ans. Aujourd’hui retraitée, Catherine Borgeaud a passé le relais à son conjoint et à sa fille, perpétuant ainsi une aventure familiale où les femmes ont toujours joué un rôle… central. Entre souvenirs d’enfance, attachement au village et regard serein sur son évolution, elle partage son histoire du Mont.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Je m’appelle Catherine Borgeaud et je suis née ici même, au restaurant du Central, qui appartient à notre famille depuis plus de 160 ans. J’y ai passé pratiquement toute ma vie. Aujourd’hui, j’ai transmis le restaurant à ma fille et à mon conjoint. C’est la sixième génération qui poursuit l’aventure. Ce qui me rend particulièrement fière, c’est que cette histoire est avant tout une histoire de femmes, depuis mon arrière-arrière-grand-mère. La tradition continue aujourd’hui avec Margaux.

Quels sont vos premiers souvenirs au Mont?

Je pense tout de suite au quartier de Coppoz, à la forêt et au Châtaignier. C’était notre immense terrain de jeux. Nous étions une bande d’enfants et nous avions une grande liberté. Nous pouvions aller partout. Je me souviens aussi des cerisiers qui bordaient les champs de la ferme des Bergier. Des souvenirs simples, mais qui restent très présents.

Comment décririez-vous Le Mont à quelqu'un qui ne le connaît pas?

Pour moi, Le Mont reste avant tout un village. Bien sûr, il s’est développé et densifié, mais il suffit de monter le chemin des Neuf-Fontaines pour se retrouver en pleine nature à proximité des Bois du Jorat. C’est ce que j’aime ici : c’est un village dans la nature, aux portes de la ville.

Quel est le secret de la longévité du Central?

Je crois que c’est avant tout une histoire de transmission. On transmet un savoir-faire, mais aussi des valeurs. Nous aimons les gens, nous aimons accueillir et créer du lien. Mon père était quelqu’un de très social. Il arrivait que certaines personnes mangent sans pouvoir payer, et cela faisait simplement partie de notre manière de voir les choses. Cet esprit s’est transmis de génération en génération. Nous avons aussi toujours essayé d’évoluer avec notre époque, de nous adapter sans perdre notre identité.

Avez-vous un souvenir marquant lié au restaurant ou à la vie du village?

Je me souviens particulièrement des journées de votations. À l’époque, c’était un véritable événement. Durant la semaine, Le Central devenait un lieu de rencontre incontournable pour la Municipalité et les paysans du Mont. Et le dimanche, c’est ici que tout se passait. Le restaurant était plein à craquer.

Comment vivez-vous l'évolution du Mont?

J’ai déjà vu Le Mont se construire dans les années septante. Quand certains quartiers n’étaient encore que des champs ou des vergers. Bien sûr, voir de nouveaux immeubles sortir de terre, ce n’est jamais facile. Mais j’ai constaté que les quartiers finissent par s’intégrer au paysage. Ils sont arborisés. Et la nature, les forêts et les grands espaces sont toujours là. Je ne ressens pas cette évolution comme une menace pour l’identité du Mont.

Quel est votre endroit préféré au Mont aujourd'hui?

J’aime beaucoup me promener du côté du Chalet de la Ville, aux Planches. La vue y est magnifique. On aperçoit le lac, les Alpes, le Jura et toute la région environnante. C’est aussi un lieu empli de souvenirs. Lorsque nous étions enfants, nous y montions avec nos skis pour profiter des pentes enneigées. Ces paysages me rappellent à quel point nous avons la chance de vivre ici.

Comment imaginez-vous Le Mont en 2040?

Je ne sais pas s’il existe un Mont idéal, mais j’espère que des solutions seront trouvées pour améliorer la circulation, même si ce n’est pas la route de contournement que nous espérions depuis quarante ou cinquante ans. Pour le reste, je trouve que la commune évolue bien. Depuis que je suis à la retraite, j’ai davantage le temps d’observer ce qui m’entoure et de profiter de ses qualités. Franchement, il fait bon vivre au Mont.

Un dernier mot?

Ce qui me tient particulièrement à cœur aujourd’hui, c’est la transmission. Voir ma fille Margaux reprendre le restaurant avec mon ami Jérémie représente beaucoup pour moi. Ce métier reste exigeant, encore davantage lorsqu’on est une femme et que l’on doit concilier vie familiale et responsabilités professionnelles. Maintenir une entreprise vivante sur plusieurs générations n’a rien d’évident. Alors voir cette histoire continuer, ici au Mont, est certainement ma plus grande satisfaction.

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