Alain Wirth
« L'essentiel est de préserver le dialogue et la capacité à vivre ensemble. »

Alain Wirth

Église du Mont

Personnalité familière du paysage local, Alain Wirth (61 ans) suit avec attention les transformations du Mont-sur-Lausanne. Le biennois d’origine occupe le poste de pasteur de la commune depuis octobre 2010, après avoir résidé près de quinze ans à L’Abbaye, dans la Vallée de Joux.

Qu’est-ce qui vous a amené au Mont-sur-Lausanne?

C’est une rencontre. Des paroissiens du Mont sont venus nous trouver à la Vallée de Joux, alors que le pasteur en place partait à la retraite. Ils nous ont proposé de venir ici.

À ce moment-là, nos deux enfants étaient encore jeunes, et nous nous étions dit que si un changement devait avoir lieu, c’était maintenant. Nous avons pris le temps de vérifier que nos visions correspondaient… et tout s’est aligné.

Comment s’est passée votre arrivée au Mont?

Très bien, mais avec une période d’adaptation nécessaire. À la Vallée de Joux, la communauté est très soudée: on se croise partout, tout le temps. On avait l’impression d’être en famille constamment, et pas seulement le dimanche dans le cadre de la vie paroissiale. En arrivant au Mont, on avait presque l’impression que les gens avaient disparu! Le Mont était déjà en croissance, mais sans véritable centre où se retrouver spontanément. Il nous a fallu du temps pour comprendre cette autre manière de vivre la communauté, plus diffuse, plus étendue.

Le Mont a-t-il changé depuis votre arrivée?

Oui, énormément. La commune a grandi, les constructions se sont multipliées, la circulation a augmenté. Mais en parallèle, il y a toujours un noyau de Montains très engagés, qui font vivre les sociétés locales et les événements. On voit aussi beaucoup de nouvelles personnes lors des manifestations, ce qui est réjouissant: la population évolue, tout en gardant une base solide.

Comment décririez-vous Le Mont aujourd’hui?

C’est une commune à deux visages. D’un côté, les familles historiques, le monde agricole, une identité ancrée. De l’autre, une population plus récente, diverse, notamment au sud. Le défi, c’est de créer du lien entre ces réalités. On a parfois l’impression d’une juxtaposition de modes de vie. La grande question, c’est: qu’est-ce qui nous rassemble?

Justement, qu’est-ce qui rassemble les Montaines et Montains?

Difficile à dire. Ce que j’entends souvent, lors de mes visites, c’est que Le Mont est un endroit très pratique à vivre. On est proche de tout: la ville, la nature, les commerces, les axes de transport. C’est peut-être ça, le dénominateur commun: un cadre de vie à la fois accessible et agréable.

Et si vous deviez choisir un lieu à faire découvrir absolument au Mont?

Sans hésiter: l’axe « pédestre » qui va du Grand-Mont jusqu’à la Clochatte, en passant par le temple, le Petit-Mont et la Valleyre. C’est un condensé du Mont: l’histoire, la nature, le village, les lieux de vie. Cette promenade, sous les arbres de l’allée de l’église, c’est vraiment l’âme du Mont.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote qui vous a marqué?

Par le passé, lors de l’assermentation des autorités, nous étions invités avec le curé à dire quelques mots. J’en avais profité pour reprendre des éléments du programme des partis et parler… des cyclistes (que je suis moi-même). Je racontais que, à vélo, en se rendant au Grand-Mont au milieu des camions, on se sent parfois bien seul! Depuis, on m’a collé l’étiquette amusante du « pasteur à vélo ».

Et puis, je suis aussi un fidèle supporter du HC Bienne. Quand la télévision m’a filmé lors d’un match à Malley avec mon maillot et mon écharpe biennoise, certains supporters montains du LHC n’ont pas manqué de me chambrer! Ainsi, grâce au hockey et au vélo, on a formé une belle complicité au fil des années.

Comment décririez-vous la qualité de vie au Mont?

C’est un lieu agréable à vivre. Depuis quelques années, on sent une vraie volonté de la Municipalité de soutenir la vie locale et associative. Il se passe beaucoup de choses, et les habitants peuvent trouver leur place, s’impliquer, s’identifier à leur commune.

Quel rôle joue l’église dans cette vie locale?

L’église est un lieu central, au sens propre comme au figuré. Elle est accessible, vivante, accueillante. Et puis c’est un bâtiment magnifique. Elle a une histoire, venue des Bernois, elle est très lumineuse. Je connais bien toutes les églises du coin… mais celle-ci, c’est le rêve absolu. Le dimanche, on peut être plus de 200, et le moment qui suit, sur le parvis, autour d’un café, avec les enfants qui jouent à la place de jeu, est tout aussi important. C’est un espace de rencontre qui dépasse largement le cadre du culte.

Comment imaginez-vous Le Mont en 2040?

J’aimerais une commune encore mieux connectée à Lausanne en transports publics et à la gare notamment. Et surtout, un véritable centre, un lieu où l’on se retrouve naturellement. Un endroit qui donne envie de se rencontrer, simplement, quand on ne sait pas quoi faire, sans devoir aller ailleurs ou s’entasser à Vidy…

Un dernier mot?

Je souhaite que le développement du Mont se fasse dans le respect des différences en termes politiques. Il y a parfois des tensions, des débats, c’est normal. Mais l’essentiel, c’est de préserver le dialogue et la capacité à vivre ensemble.

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