Eric Desselberger
« La Tour Maillefer, c'est le symbole du quartier. J'aimerais y habiter un jour… »

Eric Desselberger

Tour Maillefer

À 17 ans, Eric incarne une nouvelle génération de Montains engagés. Il a grandi dans le quartier de Maillefer et fondé un club devenu bien plus qu’un simple projet sportif. Entre attachement au quartier, passion du football et envie de créer des espaces pour les jeunes, il porte un regard lucide et enthousiaste sur Le Mont.

Peux-tu te présenter en quelques mots?

Je m’appelle Eric, j’ai 17 ans et j’ai toujours vécu à Maillefer. J’ai fait toute ma scolarité au Mont-sur-Lausanne et je suis actuellement étudiant au gymnase de Renens.

Je suis aussi le président du FC Maillefer, un club de futsal qu’on a créé avec les potes du quartier.

Quel est ton premier souvenir au Mont?

Je me souviens très bien de Maillefer quand il y avait encore des vaches. On avait vraiment l’impression d’être à la campagne alors qu’on était déjà tout près de Lausanne. On allait jouer dans les champs… Aujourd’hui, il reste un mur en pierre de l’ancienne ferme juste à côté du local où je fais de la musique. Je trouve ça beau d’avoir gardé cette trace du passé.

Comment décrirais-tu le quartier de Maillefer?

Pour moi, Maillefer, c’est une grande famille. Tout le monde se connaît. Le quartier fonctionne bien aussi architecturalement: il y a une vraie dynamique et une proximité entre les habitants. Comme on vit tous dans un périmètre assez dense, on se croise facilement. Ça crée des liens très naturellement.

As-tu le sentiment que Maillefer fait pleinement partie du Mont?

Oui, mais on reste quand même un peu à l’écart, séparé du reste de la commune en raison de la zone industrielle. Forcément les liens se créent moins facilement avec le haut du Mont. Tu peux vite avoir une vie plus tournée vers Lausanne, surtout avec la proximité de la ville. Mais malgré ça, j’ai toujours participé aux événements communaux, comme la Fête de Mai, et j’ai dû plaisir à me rendre au Châtaignier, au Mottier ou à la piscine.

Comment définirais-tu Le Mont-sur-Lausanne?

C’est un village où les gens restent proches les uns des autres. On peut créer des liens facilement, beaucoup plus qu’en ville. Mais il y a quand même différentes réalités selon les quartiers. À Maillefer, le fait de vivre dans des immeubles crée encore plus de proximité entre les habitants.

Parle-nous du FC Maillefer. Comment est né ce projet?

Au départ, on voulait simplement jouer au foot ensemble avec les copains. Comme il n’y avait pas vraiment d’infrastructures ici, on s’est débrouillés pour créer notre propre club. Aujourd’hui, on s’entraîne à la salle du Rionzi et on participe à différents tournois dans la région. Mais on aimerait aller plus loin, comme se battre pour qu’un petit terrain multisport ou un city soit construit à Maillefer. Car actuellement, malheureusement, on n’a pas le droit de jouer au foot dans le quartier.

Ton engagement dépasse donc le cadre du sport?

Oui, clairement. Chaque enfant devrait pouvoir sortir taper dans un ballon sans se faire engueuler. C’est important d’avoir des endroits où les jeunes peuvent se retrouver plutôt que de rester enfermés devant des écrans. Je pense que des terrains de sport accessibles améliorent le vivre ensemble et créent de la cohésion.

Tu suis beaucoup le football?

Énormément. Je suis supporter du Lausanne-Sport et du Stade Lausanne Ouchy. Mais je me suis vraiment passionné tardivement pour le foot, vers 12-13 ans. Depuis mon premier match au stade, je n’ai quasiment plus raté une seule rencontre à la Tuilière. Et je fais aussi un maximum de déplacements. Ce que j’aime, c’est vivre les émotions au stade, avec les gens. Je regarde très peu les matchs à la télévision.

Tu crées aussi les maillots du FC Maillefer?

Oui. J’adore le design graphique et tout ce qui touche à l’identité visuelle. J’ai créé les premiers maillots du club et je travaille déjà sur le suivant. Plus tard, j’aimerais lancer ma propre marque de sportswear pour habiller des équipes.

Pourquoi as-tu choisi la tour de Maillefer pour notre séance photos?

Parce que c’est le symbole du quartier. J’aimerais y habiter un jour… et elle figure aussi sur le logo que j’ai créé pour le club. J’y ai ajouté des motifs inspirés de la barrière métallique de l’ancienne ferme d’ici. Pour moi, ça raconte quelque chose: le passé et le futur du quartier réunis. Si je devais résumer notre identité, je dirais: « raconter l’histoire et écrire le futur ».

Comment imagines-tu Le Mont en 2040?

J’espère qu’on gardera un maximum d’espaces verts. C’est une vraie chance d’être aussi proche de la nature tout en vivant près de la ville. Et puis j’aimerais qu’on pense davantage aux jeunes, avec plus d’espaces sportifs et de lieux où se retrouver. Ce sont des choses importantes pour le vivre ensemble et pour l’avenir des quartiers.

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