Giovanni Cozza
« Ce qui compte, c’est de ne pas perdre l’âme du Mont en route. »

Giovanni Cozza

Rionzi

Tatoueur depuis seize ans et entrepreneur créatif installé à Rionzi, Giovanni Cozza revendique un attachement profond aux valeurs montaines: la convivialité, l’accueil, le lien entre générations et l’importance de faire vivre les quartiers. Entre souvenirs d’enfance, esprit d’entreprise et regard attentif sur l’évolution de la commune, il raconte son Mont.

Peux-tu te présenter en quelques mots?

Je m’appelle Giovanni, je suis né en 1991 et j’habite au Mont depuis mon enfance. Je suis aussi très attaché à la commune, au point d’avoir un « 52 » tatoué sur mon visage. Même si la vie m’a parfois emmené ailleurs, mon cœur est au Mont-sur-Lausanne. Dès que j’ai eu l’occasion d’y revenir, je l’ai fait.

Qu’est-ce qui t’attache autant au Mont?

Ce sont d’abord mes souvenirs d’enfance, mes amis, l’éducation joyeuse que j’ai reçue ici. Pour moi, Le Mont, c’est une sorte d’essence, une base. Il y a aussi un lien familial fort. Mon grand-père a travaillé ici pour l’administration communale, et mon petit frère y est engagé aujourd’hui. C’est une commune dans laquelle je me sens chez moi.

Quel est ton premier souvenir au Mont?

Je pense aux parties de cache-cache dans la petite forêt derrière le collège du Grand-Mont, autour du ruisseau. C’était fantastique. On faisait aussi du bob sur un petit chemin derrière le Grand-Mont, jusqu’au ruisseau gelé en hiver. J’ai aussi un souvenir plus mouvementé: une chute en jouant au foot près de chez moi. Je suis tombé d’un mur et je me suis ouvert la tête. J’ai encore une petite cicatrice sur le front. Après ça, ils ont installé des barrières!

Quels lieux t’ont le plus marqué ici?

Le skatepark a beaucoup compté. Il a réuni pas mal de jeunes. Il y avait aussi les alentours du collège du Mottier, où on se retrouvait pour faire de la musique et vivre nos premières bêtises d’adolescents. Et puis il y a le « Châté », bien sûr. C’était un lieu important. Sans oublier le fameux « banc magique », caché dans la forêt entre l’église et le Châtaignier, qui a dû en voir passer des jeunes fumeurs de kéké! J’ai aussi gardé un attachement très fort au jardin de mes grands-parents, qui était situé près de La Paix du Soir. Un tout petit lopin de terre qui est maintenant en construction. Quand je passe à côté, j’ai inévitablement une larmiche qui s’en va.

Tu vis et travailles aujourd’hui à Rionzi. Comment perçois-tu ce quartier?

Je m’y sens très bien. Rionzi a une très belle énergie. Il y a une vraie volonté de se réunir, de faire des choses ensemble, de créer du lien. On pourrait croire qu’un quartier plus dense serait moins convivial, mais je trouve presque l’inverse. Les gens se croisent, se parlent, organisent des événements. Il y a une dynamique très intéressante.

Ton activité principale, c’est le tatouage. Comment la présentes-tu?

Je dis souvent, avec humour, que je gribouille sur les gens avec des aiguilles et de l’encre. Mais en réalité, le tatouage représente beaucoup plus que ça. Pour moi, c’est une manière d’exprimer une personnalité. Un tatouage, c’est quelque chose qu’on porte sur soi, mais aussi quelque chose qu’on montre. C’est une trace forte, qui accompagne une personne dans son histoire.

Comment décrirais-tu ton approche artistique?

Je cherche avant tout l’esthétisme et la différence. Je ne veux pas simplement exécuter une demande. Je préfère créer quelque chose qui ait une vraie force artistique. La symbolique appartient à la personne qui porte le tatouage, pas forcément à celui qui le réalise. Mon rôle, c’est de proposer une vision, une œuvre, une manière de traduire quelque chose visuellement. C’est ce rapport à l’art et à la personnalité qui me passionne.

Tu développes aussi d’autres projets. Pourquoi cette diversification?

Parce que j’ai besoin de rester créatif. Le tatouage a été une étape incroyable dans ma vie, mais aujourd’hui, d’autres projets naissent autour de l’entrepreneuriat, du design, de l’habillement ou encore de produits locaux. Avec ma compagne et des associés, on développe plusieurs idées, toujours avec cette envie de créer, de faire les choses différemment et d’amener de la vie dans le quartier.

Comment vis-tu le développement du Mont?

Je le vois comme quelque chose à double tranchant. Le Mont est une commune accueillante. Mais il faut aussi savoir ralentir parfois, prendre le temps de faire les choses correctement. Je suis favorable à une évolution saine, maîtrisée, qui garde les valeurs de la commune. Ce qui compte, c’est de ne pas perdre l’âme du Mont en route. Mon attachement au Mont est profond, mais il est aussi lié à cet esprit de convivialité, de respect et de proximité qui m’a vu grandir. Si un jour je ne m’y retrouvais plus, je n’exclus pas de partir ailleurs.

Comment imagines-tu Le Mont en 2040?

Mon Mont idéal serait très proche de la nature, avec des gens qui se parlent, qui se retrouvent, qui gardent les mains dans la terre. J’aime la technologie, mais elle doit rester un outil, pas remplacer la créativité ou les relations humaines. J’aimerais que la commune continue à accompagner les jeunes, à leur donner des lieux pour créer, apprendre et se rencontrer. Si Le Mont réussit à garder cet équilibre entre innovation, éducation, créativité et convivialité, je pense qu’il peut évoluer de manière saine.

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