Nadège Devaud
« J'espère que Le Mont gardera cet esprit villageois où tout le monde se connaît et se tutoie. »

Nadège Devaud

Place du Châtaignier

Montaine depuis sa petite enfance, Nadège Devaud (24 ans) a grandi, étudié et construit toute sa vie au Mont-sur-Lausanne. Aujourd’hui présidente de la Jeunesse du Mont, elle porte un regard à la fois attaché et enthousiaste sur une commune qui grandit en conservant, selon elle, son précieux esprit villageois.

Peux-tu te présenter en quelques mots?

Je m’appelle Nadège, j’ai 24 ans et j’habite au Mont depuis pratiquement toujours. Je suis arrivée ici en novembre 2002, avant même d’avoir une année. Je travaille aujourd’hui comme opticienne à Bussigny, une commune qui me fait un peu penser au Mont: elle grandit, mais garde encore un esprit villageois.

Tu as fait toute ta scolarité au Mont?

Oui. J’ai commencé aux Mouflets, à la garderie du Petit-Mont, puis j’ai fait mes premières années à Crétalaison avant de rejoindre le Collège du Mottier pour le reste de ma scolarité.

Quel est ton premier souvenir au Mont?

J’habitais à la route de Lausanne et ma meilleure amie vivait juste en face, au chemin du Verger. À l’époque, le giratoire n’existait pas encore, donc traverser la route cantonale n’était pas simple. Je me souviens d’un jour où je voulais la rejoindre à vélo, mais il déraillait sans arrêt. On avait fini par le lancer par-dessus la petite forêt derrière chez nous et j’étais montée à pied. Mon frère, lui, avait pu se rendre jusqu’à la place de jeux avec son vélo… j’étais très jalouse! Je me rappelle encore de ce vélo blanc et bleu, ça m’avait vraiment marquée.

Pourquoi ta famille s’est-elle installée au Mont?

Mes grands-parents maternels ont vécu de nombreuses années au Mont et mon grand-papa a même siégé à la Municipalité. Ma maman a quitté la commune à l’âge de 21 ans et, après sa rencontre avec mon père, ils se sont mis à chercher une maison. Alors qu’ils avaient toujours dit qu’ils ne reviendraient jamais vivre au Mont – et qu’ils n’achèteraient pas une maison sur plan – ils ont finalement fait les deux…!

Tu n’habites plus chez tes parents. Pourquoi être restée au Mont?

Quand j’étais plus jeune, je disais souvent que je voulais vivre à la campagne et que j’avais un peu de peine avec le développement de la commune. Mais je fais partie de la Jeunesse du Mont et j’ai fait toute ma vie ici. Pour mon premier appartement, je ne me voyais pas partir ailleurs. Quand un studio s’est libéré dans la maison de mes grands-parents, c’était une bonne occasion de commencer ma vie d’adulte.

Qu’est-ce qui rend Le Mont spécial à tes yeux?

Même si la commune grandit, il y a toujours ce plaisir de reconnaître les gens quand on se promène. Il reste un vrai esprit de village. Il y a aussi des traditions qui continuent de rassembler: la Fête de Mai, la Saint-Nicolas, les sociétés locales… Et puis on voit aussi arriver de nouvelles personnes, notamment à la Jeunesse. Je trouve que ce mélange fonctionne bien.

Tu es très engagée dans la vie locale. Comment cela a commencé?

J’ai toujours fait beaucoup d’activités au Mont : la gym, le tennis, la musique, la fanfare… Mes parents nous disaient: « Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais au Mont! » Et puis je suis un peu trouillarde. Quand j’ai terminé l’école, je me suis demandé si j’avais vraiment envie de sortir le week-end sur Lausanne. Alors j’ai essayé la Jeunesse du Mont. Ça fait maintenant depuis 2018 que j’y suis engagée. J’ai fait six ans de comité et je suis actuellement dans ma deuxième année de présidence.

Pourquoi avoir choisi le Châtaignier pour les photos?

Le Châtaignier représente beaucoup pour moi. J’y ai passé énormément de temps avec la gym en faisant partie du groupe d’athlétisme. On s’y entraînait les soirs d’été. Je n’ai jamais été Usain Bolt… mais j’ai toujours aimé être avec du monde et participer aux concours. Le Châtaignier, c’est aussi un endroit qui garde un côté très nature, très campagne. On sent vraiment une autre ambiance qu’au bas de la commune. Et puis c’est là qu’on a fait nos premières bêtises, sans que les parents s’inquiètent parce qu’on restait près de la maison.

Est-ce que c’est ton lieu préféré au Mont?

Le Châtaignier est très symbolique, mais je dirais quand même le Collège du Mottier. C’est là que j’ai « grandi ». Et puis il y a aussi la place du Petit-Mont, surtout à cause de la Fête de Mai. On en parle encore aujourd’hui avec mes amis, de ces journées où on se faisait gronder parce qu’on lançait des bombes à eau à travers les tables…

Que montrerais-tu à quelqu’un qui découvre Le Mont?

Je lui ferais faire une balade dans la campagne et en forêt, en passant par le Châtaignier et Manloud. Il y a vraiment de très beaux coins. Et surtout, je lui dirais de venir aux fêtes villageoises. Il se passe énormément de choses ici: la Fête de Mai, la Saint-Nicolas, la Myco et maintenant le Mont’ain festival qui nous permet de retrouver des copains d’école… La commune est vraiment active.

Le Mont, c’est quoi en quelques mots?

Ce n’est pas Lausanne, même si on est tout près. On a notre propre identité et on en est fiers. Je dirais aussi que c’est une commune familiale et festive. Beaucoup de jeunes restent ici ou reviennent plus tard. On s’y attache.

Comment imagines-tu Le Mont en 2040?

Je suis assez conservatrice: je n’aimerais pas que Le Mont change trop. Il peut y avoir plus d’habitants, mais j’espère qu’on gardera cet esprit villageois où tout le monde se connaît et se tutoie. J’aimerais aussi que les jeunes continuent à s’engager dans les sociétés locales. C’est un des meilleurs moyens pour s’intégrer et créer du lien.

Et surtout, qu’on garde les traditions qui nous rassemblent. C’est aussi ça qui fait Le Mont.

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