Olivier Amaudruz

Olivier Amaudruz

Ferme des Meules

Issu d’une famille installée au Mont depuis plusieurs générations, Olivier Amaudruz (35 ans) est agriculteur et maraîcher. Très engagé dans la vie locale, notamment auprès des pompiers et des Abbayes réunies, dont il est aujourd’hui président, il porte un regard lucide sur l’évolution de la commune, entre attachement aux traditions, solidarité agricole et plaisir de travailler la terre.

Les pieds dans la terre et le cœur au Mont

Quel est ton premier souvenir au Mont?

Je crois que c’est l’école enfantine des Planches. J’y ai fait mes deux premières années d’école. Après, il y a aussi les souvenirs transmis par mon grand-père: les chasse-neiges tirés par des chevaux, le tram qui montait jusqu’à Montheron… Ma famille est installée ici depuis longtemps. Mon père et mon grand-père sont nés dans la ferme, et la fontaine porte la date de 1850. Ça fait un petit moment…

Comment décrirais-tu ton exploitation aujourd’hui?

C’est une exploitation mixte. On fait de la grande culture, principalement des céréales pour l’alimentation, comme le blé, et du colza pour l’huile. On s’est aussi beaucoup spécialisés dans la pomme de terre, qui prend une grande partie de notre temps. J’ai repris l’exploitation familiale en 2016 en location, puis en propriété en 2022. Mon père continue de me donner un coup de main tous les jours.

Qu’est-ce qui te plaît dans ce métier?

J’aime le concret. À la fin de la journée, j’ai besoin de sentir que j’ai fait quelque chose. Si j’ai mal aux doigts, aux mains ou au dos, je me dis que j’ai passé une bonne journée. Et puis il y a le retour des clients. Quand quelqu’un nous dit qu’il a fait des frites avec nos pommes de terre et qu’il ne veut plus les acheter ailleurs, c’est très valorisant. Ce plaisir des gens à consommer nos produits compte parfois autant que les chiffres en fin d’année.

Comment vis-tu l’évolution du Mont-sur-Lausanne?

Quand j’étais enfant, je tutoyais la boulangère de Coppoz, les caissières de la Coop… Il y avait une proximité qu’on a un peu perdue. Mais en même temps, ne pas développer Le Mont alors qu’on est juste à côté de Lausanne n’aurait pas beaucoup de sens. Il vaut mieux accueillir des habitants ici, avec des infrastructures et des transports publics proches, que dans des villages plus éloignés. Et ce développement apporte aussi de nouvelles choses: de la culture, des événements, des activités qu’on n’avait pas avant.

Comment définirais-tu Le Mont?

Je dirais que c’est une commune proche de Lausanne, avec des côtés urbains, mais qui reste tournée vers la campagne. On a besoin de Lausanne, mais on n’a pas forcément envie d’y être complètement. Pour moi, Le Mont, c’est un peu une ville périurbaine qui regarde encore beaucoup du côté des champs, des bois et des hameaux.

Quel est ton lieu préféré dans la commune?

Je suis très attaché aux hauts du Mont, du côté des Planches et des bois du Jorat. On a quelques parcelles là-haut et j’aime cette atmosphère un peu différente, presque montagnarde.

Comment se passent les relations entre agriculteurs au Mont?

On a une vraie chance, parce qu’on s’entend tous bien. On collabore beaucoup, on s’échange des machines, on se donne des coups de main quand il y a besoin. Une machine casse? On peut emprunter celle du voisin. On n’est pas toujours d’accord, évidemment, mais on se parle. Et ce n’est pas le cas partout. Ici, il y a vraiment une solidarité entre agriculteurs.

Tu es aussi président des Abbayes réunies du Mont. Que représente cet engagement?

C’est une société à laquelle je tiens beaucoup. On fait vivre une tradition, mais avec des membres assez progressistes. En 2025, par exemple, nous avons modifié nos statuts pour permettre aux femmes d’entrer dans la société. C’était ma première Abbaye comme président, donc c’était particulier. Les Abbayes réunies existent depuis 1948, lorsque les anciennes abbayes des laboureurs et des agriculteurs ont fusionné. Aujourd’hui, c’est un moment important de la vie locale, avec le tir au Châtaignier, les rencontres, la fête et cette idée de transmettre quelque chose.

Et ton engagement chez les pompiers?

J’ai commencé en 2009. Aujourd’hui, je suis formateur pour le détachement premiers secours. Je conçois les exercices pour les pompières et pompiers qui interviennent au premier échelon. J’ai aussi vécu l’évolution du corps, le rapprochement avec Cheseaux, Romanel et Jouxtens, puis la nouvelle caserne. On a aujourd’hui des moyens fantastiques à disposition.

Qu’est-ce qui donne une âme au Mont selon toi?

Les sociétés locales, clairement. La Jeunesse, la Fête de Mai, les Abbayes, les nouvelles associations aussi… Tout cela crée des noyaux solides. On voit que certaines traditions restent très importantes. Des gens réservent chaque année leur week-end pour la Fête de Mai ou tous les deux ans pour l’Abbaye. Ces rendez-vous sont inscrits dans le marbre.

Comment imagines-tu Le Mont en 2040?

J’aimerais qu’il y ait moins de voitures sur les routes, pour pouvoir circuler plus sereinement à vélo, mais aussi avec les tracteurs. Aujourd’hui, ce n’est pas toujours évident et on essaie d’éviter les heures de pointe. Et puis j’espère vraiment que Le Mont aura un vrai centre. On a un temple magnifique, mais il manque encore un lieu autour, avec des commerces, un bistrot, un endroit où l’on puisse se rencontrer facilement. En 2040, j’aimerais un centre du Mont qui rassemble.

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